Beaucoup de propriétaires des Hauts-de-Seine vivent en 2026 leur premier épisode de sécheresse en tant que propriétaires, souvent dans les communes des coteaux du sud où le phénomène est documenté de longue date : Antony compte 12 reconnaissances de catastrophe naturelle sécheresse, Meudon 10, Sèvres 9 selon la base publique Géorisques. Pas de panique : la procédure est balisée, et ceux qui la comprennent tôt la traversent bien. Reprenons tout depuis le début, sans rien supposer connu.

Les mots de la procédure, une fois pour toutes

La catastrophe naturelle, « catnat » pour les intimes, est un régime légal d’indemnisation : votre assurance habitation comporte obligatoirement une garantie qui couvre les dégâts d’événements naturels exceptionnels, financée par une surprime payée par tous les assurés. Cette garantie ne fonctionne que si l’État reconnaît officiellement l’événement : c’est l’arrêté, un texte publié au Journal officiel qui dit « telle commune, telle période, tel phénomène ». Le phénomène qui nous occupe s’appelle le retrait-gonflement des argiles : certains sols argileux se contractent quand ils sèchent et regonflent quand il pleut, ce qui fait bouger les fondations et fissure les murs. Enfin, la franchise est la somme qui reste à votre charge : pour la sécheresse, elle est fixée par la loi à 1 520 euros, identique chez tous les assureurs.

Cette semaine : trois gestes, une heure

Premier geste : photographiez chaque fissure, deux fois : une photo large qui montre où elle se trouve, une photo proche avec un mètre ruban déplié contre le mur pour l’échelle. Vos photos de téléphone conviennent parfaitement si vous gardez les fichiers originaux, qui contiennent la date. Deuxième geste : écrivez à votre mairie, en recommandé, pour signaler vos désordres et demander que la commune dépose une « demande de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle » pour la sécheresse 2026. Pourquoi la mairie ? Parce que c’est elle, et non vous, qui saisit l’État : sans demandes communales, pas d’arrêté, et sans signalements d’habitants, pas de demande communale. Troisième geste : créez un dossier, numérique et papier, où tout ira : photos, copie du courrier, et la suite.

Cet hiver : surveiller sans s’angoisser

Vos fissures vont probablement bouger pendant l’hiver : les pluies réhydratent l’argile, qui regonfle, et les murs travaillent en sens inverse de l’été. C’est attendu, et c’est même utile à documenter : refaites les mêmes photos toutes les deux à trois semaines, et posez sur les fissures principales un témoin (une languette de plâtre collée en travers : si elle casse, le mur a bougé) ou une jauge graduée, un petit instrument à quelques euros qui mesure les mouvements. Surtout, ne rebouchez rien : un enduit posé maintenant masquerait ce que l’expert de l’assurance devra constater, et sauterait de toute façon au prochain mouvement. Deux exceptions qui justifient d’agir vite plutôt que d’attendre : une fissure traversante (visible dehors ET dedans au même endroit) ou des portes qui se bloquent : dans ces cas, faites venir un professionnel du diagnostic sans attendre.

En 2027, probablement : l’arrêté, et le sprint des 30 jours

L’État instruit les demandes communales et publie ses décisions par vagues, le plus souvent l’année qui suit l’épisode : pour l’été 2026, attendez-vous à 2027. Quand l’arrêté couvrant votre commune paraît, un délai court : 30 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur, par lettre recommandée, avec votre dossier (descriptif, photos datées, relevés). Comment savoir que l’arrêté est paru ? Personne ne vous écrira personnellement : consultez régulièrement votre mairie et la fiche de votre commune sur georisques.gouv.fr, qui liste tous les arrêtés. Après votre déclaration, l’assureur envoie un expert constater et chiffrer, puis doit vous verser une avance (la provision) dans les 2 mois et l’indemnisation dans les 3 mois, moins la franchise de 1 520 euros.

Les trois pièges du débutant, et comment l’expert vous aide

Piège un : reboucher trop tôt, on l’a vu. Piège deux : rater les 30 jours faute de veille. Piège trois : recevoir seul l’expert de l’assurance : il est compétent, mais mandaté par la compagnie, et ses conclusions (la cause des fissures, le montant des réparations) se discutent. Vous avez le droit d’être assisté par votre propre expert, dit expert d’assuré, qui défend la réalité technique de votre sinistre : c’est notre métier. Un diagnostic établi tôt, pendant que les fissures évoluent, fixe l’état initial et prépare toute la suite : la mission est décrite sur notre page expertise fissures dans les Hauts-de-Seine, nos prix sont publiés sur la page nos tarifs, et le contexte du département dans notre article sur la sécheresse 2026 dans les Hauts-de-Seine.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles.